Monastir - Chez Usama

24/03/2013 - Pays : Tunisie - Imprimer ce message

Vendredi. Deux heures d’avion plus tard et me voilà dans un taxi collectif à destination de Monastir, loin de la grisaille parisienne (25 degrés et ciel bleu, les amis). Je tente de parler politique et de la situation actuelle avec le chauffeur, qui apparemment est plus intéressé par Amel Bent, puisqu’il répond par onomatopées et monte le son sur « aller plus haut » (ouch). Il finit par me dire que ce qui l’intéresse, c’est surtout de manger à la fin du mois. Fair enough !

De manière absolument égocentrique, j’ai l’impression en regardant par la fenêtre que le pays tout entier conspire pour me faire apprendre sa langue, en inscrivant sur chaque panneau, sur chaque affiche, des mots en arabe, avec quasi la majorité du temps leur traduction en français. C’est un peu comme un cours perpétuel ! (ouiiii, je m'enflamme!)

monastir

Arrivée à Monastir, je chope un taxi et donne l’adresse que m’a filée Usama, le couchsurfer tunisien chez qui je me rends ; je suis agréablement surprise quand je me retrouve au bord de la mer, et que je le vois arriver avec deux de ses potes en tenue de plongée.

On passe la soirée à parler de tout et de rien avec Usama, Aiman et Mohamed, et surtout de politique. Usama est encore plus bavard que moi, alors imaginez vous…

En militante à 2 balles, j’ai amené en Tunisie un certain nombre d’exemplaires d’Indignez vous (assez prétentieux, ok, je ne pense pas qu’ils en aient besoin, mais ça me paraissait de circonstance). Quand je le file à Usama il me dit qu’il rêvait de le lire depuis qu’il a lu un article sur Hessel dans Jeune Afrique ; si c’est pas magique, ça !

On finit la soirée dans une boite de Monastir (90% de mecs, et l’impression quand j’y entre d’être un morceau de viande crue dans une fondue bourguignonne). Dix minutes après qu’on soit arrivés, une bande de jeunes, sur la piste de danse, se met à chanter « Vive Ben Ali, vive Ben Ali ». Là, les bras m’en tombent. Elle est où la Tunisie du printemps arabe ? Moi qui venais pour voir les effets d’une révolution populaire, je tombe sur des jeunes de mon âge qui glorifient un ex dictateur… Usama m’explique que c’est devenu une manière de faire de la provoc, une nouvelle forme de contestation en vogue chez les jeunes, en particulier chez ceux qui consomment de l’alcool et ont vu son prix tripler en un an. Une manière aussi, de s’opposer aux salafistes. Le prix de l’essence a également doublé depuis l’année dernière, d’où une certaine frange de la population qui tombe dans le « c’était mieux avant… »

Le jour suivant, samedi, on fait le tour de Monastir, ville natale d’Habib Bourguiba (qui a dirigé la Tunisie pendant 20 ans, avant Ben Ali). Usama est un puits de science et j’ai droit à l’histoire complète de la ville, ce qui est vraiment cool. Et comme il fait toujours plus de 20 degrés, on finit par rejoindre Mohamed, qui est moniteur de plongée et qui nous emmène faire du snorkelling (okay, même avec une combi, l’eau est quand même très fraiche). Mais l’idée même de me dire qu’on est fin Mars et que je nage dans la méditerranée, c’est juste youpi youpi yay !

Le reste du week end, visite rapide à Sousse, ville touristique qui est à côté, farniente et discussions sans fin autour de la religion, la politique, le racisme et 100 autres sujets du style –on ne se refait pas, et j’ai les interlocuteurs idéaux !

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Par Ariane
Le 25/03/2013 à 08:25:26
Génial tout ça !
C'est vraiment intéressant de voir comment de jeunes Tunisiens réagissent à l'actualité qui traverse leur pays. Profite bien du Forum et reviens-nous avec mille histoires passionnantes. Bisous.

Par Adeline
Le 26/03/2013 à 19:38:11
Un vrai poisson dans l'eau ;)
Profites-en bien! Biz


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