Histoire de murs / Wall stories

11/08/2013 - Pays : Territoires palestiniens - Imprimer ce message

Comme le hasard fait bien les choses, je me suis retrouvée à aller passer une après midi avec Danice (une copine de Daniel, que je connais donc d’Amman) au sud de Jérusalem, dans un petit village qui se fait peu à peu encercler par le mur construit par Israël. Une de ses collègues, palestinienne, y vit.

Je vous la fais courte, vous aurez tous les détails dans le webdoc *teasing - teasing*, mais en gros, ce petit village a un emplacement stratégique puisqu’il se trouve très proche de Jérusalem, et est donc très convoité par les israëliens. Depuis 60 ans (à partir de 1948) les habitants se font expulser, détuire leurs maison, exproprier; par un jeu complexe de statuts ils se retrouvent peu à peu à résider illégalement sur la terre qui leur appartient. Et bien sûr, la trouvaille de ces dernières années fait son apparition: le mur! Négligeant la ligne verte qui a été négocié dans le cadre des accords d’Oslo en 1994, il est en train d’être construit autour du village: à terme, il l’encerclera entièrement, et pour accéder village il faudra se présenter à la grille pour pouvoir entrer. Grille qui, contrairement à un checkpoint, n’a pas des soldats postés H24 - donc dans certains cas les gens seront bloqués à l’extérieur, ou à l’intérieur.

La stratégie est bien évidemment que les palestiniens abandonnent et finissent par partir de leurs terres; ce qui, tout le monde le reconnait, finira par arriver.

Ici je me permets juste un aparté pour répondre à des questions / remarques que j’ai pu avoir, et qui ont pris tout leur sens lorsque je discutais avec mes amis d’Amman, l’autre jour à Jérusalem.
Ce que je raconte ici ou dans les précédents posts n’est pas une question de parti pris, n’est pas une question d’être pro israélien ou pro palestinien. C’est juste une histoire de faits, et de réalités rencontrés sur le chemin. Mes potes d’Amman se faisaient cette réflexion que lorsqu’ils racontent la vie en Palestine, les gens ont souvent cette impression qu’ils exagèrent pour essayer de convaincre.

Je pense qu’il est plus facile parfois de se dire que les gens qui rapportent ces histoires en rajoutent, de se dire que ce n’est «pas si horrible», «pas si injuste». Bien sûr que côté Palestinien la violence existe aussi, mais une des indéniables vérités de cet endroit, c’est que ce territoire est sous occupation, avec ce que cela représente en termes d’injustice, de non respect de droit international, de violence et d’humiliation (du fait de devoir passer des checkpoints 2 fois par jour parceque vous travaillez de l’autre côté du mur, avec des soldats de 20 ans qui décident ou non de vous laisser passer, au fait de voir sa maison détruite et ses enfants blessés, voir tués).
Suis toujours ouverte à la discussion ceci dit, mais pour tous ceux qui auraient des doutes, je vous invite à prendre un billet pour Tel Aviv, ils sont franchement abordables depuis Paris, et à passer de l’autre côté du mur. ;)

La colonie de Gillo / Settlements

Une maison qui vient d'être détruite

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I LOVE this sign (you can see it in front of all the territories that are under Palestinian authority). "Watch out, this is the West Bank, you're RISKING YOUR LIFE!!"


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While I was still in Jerusalem, I got the opportunity to tag along with one of Daniel’s friend, Danice. She was going to visit one of her palestinian colleague, who lives in a small village outside Jerusalem.
The people of this village, in 60 years, have seen everything regarding the Israeli occupation: settlements invading their land, expropriation, pressure to make them leave, houses destruction (the most amazing thing is that people actually keep rebuilding their houses. One has been rebuilt 5 times!), and the last couple of years, construction of the wall.

The wall here is not even legal regarding Israeli law, because he doesn’t follow the green line (peace talks of 1994). This wall is built around the village, and in 2 years, when it’ll be finished, the village will be totally isolated from the outside world. People will actually have to go through one and only gate to get inside or outside; the problem of this being a gate and not a checkpoint is that it’s not even open 24/7, so people will get stuck. In the end, people in the village know they will leave, because obvisouly you can’t live like this.
More on this in the webdocumentary (I’m actually considering doing it in engish too. We’ll see).

To finish, I just wanted to address a point; mainly because of a few feedbacks I’ve had on what I’ve been writing, and because of a talk we had in Jerusalem with my friends from Amman. They were basically saying that back home, when they talk about Palestine, people tend to believe that they are exagerating, as if to prove a point, I guess.

And in a way I get that, it’s easier to think we are overdoing it and biased. But when we tell the stories of these people, of what is happening in the west bank, we are not taking sides, we’re just telling how it is to live under occupation. And of course there are suicide bombings and violence on the palestinian side too. But it doesn’t change the fact that the Israeli government here is illegaly occupying another country, and occupation means violence, pressure, humiliation, unfairness.

Checkpoints are not neutral; it means having to wait, sometimes during hours, it means being yelled at by 20 years old soldiers that actually have the power to let you on the other side of the wall, where you sometimes works. Occupation also means being ejected from your house, seeing your land being taken over and not being able to do anything; and in some cases, having your kids beaten, and even killed, as told by these families in Hebron.
But always open to discuss this, guys!

 

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