Hébron, ville de fous / Hebron, fucking nuthouse

04/08/2013 - Pays : Territoires palestiniens - Imprimer ce message

Et me voilà de l’autre côté de la frontière après maints checkpoints et questions (le fait d’avoir une mère née à Casablanca m’a valu une dizaine de minutes d’interrogation en plus, big up mother ;).

Je me suis donc tout de suite dirigée vers Hebron. Hébron, c’est la cristallisation du conflit israélo palestinien sur quelques kilomètres carrés, puisque les colons se sont installés au coeur même de la vieille ville. 500 colons, 3000 soldats, pour des dizaines de milliers de palestiniens.

La ville est divisée en deux parties; une partie sous contrôle palestinien, l’autre sous le contrôle de l’armée israélienne, qui protège les colons qui peu à peu gangrènent la ville. Et donc, c’est la loi militaire qui s’applique; sur 1 kilomètre carré, vous avez plus de 100 checkpoints et de routes qui ont été barrées. Vous devez montrer votre passeport à chaque coin de rue à des militaires israéliens (comprendre des gamins de 20 ans qui font leur service militaire obligatoire); parfois on vous refuse le passage, sans raison apparente. Les palestiniens n’ont pas accès à certaines rues (notamment la rue qui avant été la rue commerçante - tous les magasions ont été fermés de force).
Les colons ici sont extrêmement agressifs (raison pour laquelle les rues sont parfois couvertes de grillage, car ils envoient par les fenêtres des débris de verre ou des pierres).

Le plus dingue finalement, au delà de l’injustice flagrante de tout ça, c’est la manière dont les colons s’installent: par les menaces ou la force ils s’emparent d’une maison, puis progressivement verrouillent tous les accès autour, fermant ainsi de nombreuses rues et passages. Et bien sûr, la loi militaire s’applique, donc si vous vous trouvez à moins de 100 mètres d’une «colonie» (une seule maison étant considérée comme une colonie), vous n’avez plus le droit de faire un certain nombre de choses au nom de la loi militaire. J’ai dormi chez une famille très pauvre qui habite juste en face d’une maison qui a été colonisée: ils n’ont plus le droit d’avoir accès à leur propre terrasse / toit (le père a été en prison 3 semaines pour avoir essayé de réparer son toit). Ils n’ont pas le droit non plus d’avoir de serrures sur leurs portes, car les soldats doivent pouvoir venir fouiller à tout moment. Et de la chambre où je dormais, j’ai eu un spot braquée sur moi toute la nuit, depuis le mirador voisin - où des soldats sont postés 24/24, car chaque colonie est jalousement gardée.

Et je vous passe les enfants qui ont été renversés et tués par des colons, que ce soit en voiture, ou parceque les colons leur ont lancé des pierres ou même des bombes lacrymos- après tout, la loi martiale s’applique, donc ça ne compte pas.





Un des checkpoints:



L'ancienne rue principale, fermée aux palestiniens, dont les commerces ont été bouclés:

La vue depuis ma chambre:

De l'autre côté de la rue, les colons:


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Hebron, as expected, is a nuthouse. I knew it, but still, realizing that you’re walking in the street of a city where apartheid still applies is more than disturbing.

Hebron, it’s 500 settlers, 3000 soldiers, and thousands of palestinians. The city has been divided in 2 parts: one that is under palestinian authority, the other one that is controlled by the israeli army. Hence, in this area, 100 checkpoints and roadblocks in 1 square kilometer. Some areas are forbidden for palestinians (what was the main street before is now unaccessible for palestinians - and it was the market area, so all the shops have been closed by force and people have lost their business).

They say the settlers here are the most agressive in the whole west bank (and I believe them, needless to say): which is why the streets near the settlements are covered with fences, because settlers throw stones and broken glass. The settlers always follow the same strategy: they take a house, most of the time by force or occupying it illegally, and refuse to leave. Then the soldiers come to protect them, and gradually the house is recognized as a settlement; then, military law applies.
These houses are in the heart of the old city so all the houses touch each other. But then, if there’s a settlement, all the houses that are under 100 meters away have to follow some rules: no locks on the doors so that the soldiers can come to search the rooms anytime, no authorization to fix your roof and rehabilitate your house, and soldiers miradors constantly spying on you. I stayed in one of this house and it was crazy, having soldiers so close, watching you constantly. And that’s how israeli settlers wish to win: after a while, they hope palestinians will just give up and move away, and this way they will get control over the old city.


I’ve been talking to a bunch of people and families, and they all have the same horror stories about kids being arrested and even killed (some by cars, some because they were at home and their settlers-neighbors sent some lacrymo gaz bombs): but they can’t do anything about it, because they live in «H2», the area where military law applies.
(Sorry for my english, I’m super tired and I just can’t find my words tonight!)

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Par Mother
Le 05/08/2013 à 18:32:25
Ça fait peur ! Fais attention à toi !
Bisous

Par Sis
Le 05/08/2013 à 18:59:45
Ouh je te trouve bien pro/anti dans ton post! Fais attention, ils vont fermer ton site..


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